Vie d'expat

L’expatriation, parfois compliquée

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Parfois, l’expatriation, c’est difficile. Sujet dont on entend peu parler.

Konbini en avait fait un article il y a quelques mois. On commence tout doucement à en voir sur le web.

Je n’ai pas la prétention d’en faire un billet aussi élaboré. Simplement un ressenti, un mot sur le sujet. Car l’expatriation, la plupart du temps, a cette image « cool », cette image très positive, celle d’une vie qui ressemble plus à des vacances par rapport à une routine classique du « métro-boulot-dodo ».

Oui, vivre dans un autre pays comporte beaucoup plus d’éléments inattendus, forcément. Mais ce n’est pas sans inconvénients, comme pour tout.

L'expatriation, parfois compliquée - let'Em go, blog expat et voyage - Amsterdam, Light Festival 2016

Recommencer tout de zéro a ses avantages. Mais aussi ses défauts. Tout reprendre depuis le début, tout reconstruire. S’adapter aux nouveaux codes, les comprendre, les connaître, les assimiler. Se remettre en question, repenser ses automatismes, se poser un milliard de questions. Se faire comprendre, écouter plus attentivement, regarder différemment aussi. Faire confiance plus vite, être avenant. Car on a besoin de rencontrer des gens, ne pas être seul, partager un peu, surtout dans sa langue natale.

Prendre des risques, tout le temps. Pour un appart’, pour un job. Douter, tout le temps. La fatigue des premiers mois, intenses, décousus, et confus. L’impression d’être sur un quai lorsqu’un TGV passe à toute vitesse. On est là, on sait ce qui nous attend, on a préparé du mieux possible, mais on se retrouve toujours à un moment un peu dépassé. Un coup de blues, la fatigue, peu importe la raison. Ça ne dure pas forcément longtemps, ça dépend.

Mais lorsque ce sentiment perdure, on fait comment ? On en parle à qui ? Cette impression de ne pas être vraiment chez soi, de ne pas avoir de chez soi. Ce qui est paradoxal, car par définition, on n’en veut pas. On veut être flexible. On veut pouvoir bouger vite, on ne veut pas d’attaches, rien. Mais il en faut un minimum, d’attaches, pour se sentir bien, pour profiter de sa vie ailleurs.

On assimile le risque comme faisant partie de l’équation. On le considère comme tel sans s’en méfier, ou peut-être un peu moins. L’inconnu est tellement omniprésent qu’on ne le mentionne plus. Au quotidien, la dose d’excitation et de nouveautés est élevée. Mais lorsque ça va moins bien, c’est compliqué à gérer. On aimerait se blottir dans le confort de quelque chose qu’on connaît, s’isoler dans une bulle en français, et imaginer que ce qu’il y a autour est quelque chose de familier pour oublier les difficultés rencontrées.

L’expatriation est un choix. Comme le fait de vivre en France. Peu importe la routine de vie. Chacun a pris sa décision. On n’a pas les mêmes problèmes à vivre dans un pays différent, mais on a des problèmes quand même.

L’absence de « métro-bloulot-dodo » ne signifie pas qu’on a un quotidien sans embûches. Elles diffèrent, c’est tout. Ça peut paraître « cool » de vivre à l’étranger. Mais les apparences peuvent être trompeuses. Je ne dis pas que l’expat est compliquée à gérer pour tout le monde, tout dépend des profils, des raisons, des conditions, de l’environnement, il y a tellement de facteurs qui entrent en compte qu’il n’y a pas de généralités possibles selon moi. Mais associer expatriation avec de la chance, j’espère que ça s’arrêtera. Et qu’en abordant ce sujet, l’expat’ puisse aussi mentionner ses problèmes, s’il ou elle a envie de les partager… Sans entendre en retour un « mais ne te plains pas, tu vis à l’étranger ».

Qu’est-ce que vous en pensez ?

L'expatriation, parfois compliquée - let'Em go, blog expat et voyage - Amsterdam, Light Festival 2016

Et pour illustrer le sujet, un aperçu du Amsterdam Light Festival de cette année.

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20 Comments

  1. Camille // Voyages et Compagnie
    J’ai l’impression que beaucoup voient l’expatriation comme des « vacances déguisées ». Ils pensent que les expat’ passent le plus clair de leur temps à visiter leur nouveau pays d’adoption et à faire les touristes. Le travail est accessoire, s’il y en a bel et bien un … J’ai encore eu ce genre de discussion récemment, et ça me désole de voir que la mentalité des gens a encore beaucoup de mal à changer.
    Le pire c’est, qu’en tant que frontalière, je me rend compte que pour pas mal de monde c’est très bien vu de travailler à l’étranger en habitant en France. Mais déménager dans ce pays où on travaille, c’est forcément une bêtise, un caprice et une façon de « glander ». #désespérant
    05 . 03 . 2017
    • Em
      Em
      Je comprends exactement ton point de vue, et le fait que le travail soit accessoire ! Comme si vivre à l’étranger ne signifiait pas payer son loyer, faire ses courses, et payer son abonnement de transport à un prix pas forcément raisonnable !
      En tant que frontalière, j’imagine que tu dois en entendre, des clichés… J’espère que la mentalité changera et que le cliché de l’expat « vacances » s’effacera vite par rapport aux témoignages des « dessous de l’expat ».
      xx
      06 . 03 . 2017
  2. Caroline
    Je te rassure, tu es loin d’être la seule a ressentir tout ca.
    On a parfois tendance a « fantasmer » l’expatriation et ce n’est qu’une fois sur place qu’on se rend compte que non, nous ne sommes pas en vacances a temps plein.

    Un plaisir de te lire en tout cas !

    A tres vite
    Caroline
    http://www.carolinethecity.com

    02 . 03 . 2017
    • Em
      Em
      Merci pour ton petit mot Caroline 🙂
      Ça me fait vraiment plaisir de voir que je ne suis pas seule à ressentir tout ça.
      xx
      05 . 03 . 2017
  3. Anouchka
    C’est loin d’etre facile tout le temps, meme si je considere que notre vie malgre ses incertitudes est tellement confortable et enrichissante par rapport a beaucoup de gens. J’ai du mal a me sentir expat apres 4 ans, mais « immigree dans plusieurs pays », espece de statut bizarre.
    Mais gerer des problemes de boulot, de famille, de sante, en étant loin ca rend les choses encore plus dures. Pas de famille ou d’amis solides, pas de statut permanent… assumer le fait que ca serait souvent plus facile en France. avec un enfant ca remet tout en question, rester, partir ailleurs? et avec le temps on se sent aussi etranger a notre propre Pays. Bref c’est dur de se sentir solide tout le temps… take care!!
    28 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Se sentir étranger à notre propre pays, c’est vraiment la sensation, l’impression de ne pas vraiment avoir d’endroit où on est chez soi.
      Je suis bien d’accord avec toi sur l’expat : cette vie remplie d’incertitudes est et reste une décision que je suis très heureuse d’avoir prise ! On en apprend tous les jours, sur nous et sur les autres.
      J’imagine que beaucoup de questions doivent se bousculer lorsqu’un enfant fait partie de l’équation… Mais ça doit rendre l’aventure encore plus enrichissante 🙂

      Merci <3

      05 . 03 . 2017
  4. Nuage Nomade
    Je viens de découvrir ton blog, et c’est un plaisir. 🙂
    Je suis assez partager, je dois bien le dire. Cette année est ma deuxième année d’expatriation. L’année dernière en Allemagne et cette année en Autriche.
    Autant l’année dernière je n’ai pas eu de soucis pour m’adapter (c’était dans le cadre d’erasmus). Mais je dois bien avouer que cette année est un peu plus délicate, tant en terme de boulot que de vie perso. C’est pas évident de partir quand on apprend que sa mère est atteinte d’un cancer : culpabilité, angoisse, peur. Je suis partie parce qu’elle m’a obligée à partir pour garder un semblant de normalité, mais c’est difficile de gérer de loin. Alors, je me noie dans mon travail d’assistante de français, je voyage pour éviter de rester chez moi à penser mais ça n’empêche pas la situation d’être difficile …
    Après niveau gestion des papiers, installation etc, je n’ai connu aucun soucis, peut-être à cause de la langue que je maîtrise et qui est clairement un plus.

    Ça fait plaisir de lire ces lignes … Merci et courage à toi !

    28 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Merci Miryam ! Bienvenue ici 🙂
      Je n’imagine pas ce que ça doit être, partir dans ces conditions… Je comprends, se noyer dans le boulot, occuper son temps libre du mieux possible, ça doit aider à garder la tête hors de l’eau… Courage <3
      Chaque pays se vit différemment je pense, l'intégration prend parfois plus de temps, prendre ses marques est parfois plus compliquée. Je suis bien d'accord, maîtriser la langue du pays dans lequel on s'expatrie, ça change beaucoup ! Je ne parle pas ni ne comprends le néerlandais, je vais m'y pencher bientôt. Car je sais que ça aide aussi à s'intégrer, à se sentir plus chez soi, que du positif en somme !
      Merci pour ton petit mot 🙂 xx
      05 . 03 . 2017
  5. L.
    J’ai failli écrire un billet sur le sujet il y a quelques semaines, lors d’une énième soirée coup de mou. Mon cas est d’autant plus particulier que je me suis expatriée seule et que je n’ai pas de travail sur place. La solitude est une compagne familière et tout affronter de front seule est parfois épuisant. Je l’ai choisi, certes, mais ce n’est pas pour ça que je n’en bave pas parfois. Et ça pourrait être tout à fait le cas de n’importe quel choix de vie effectué en France !
    Oui l’expatriation ce n’est pas tous les jours rose, ça n’a rien à voir avec des vacances ! C’est une formidable aventure mais ça demande pas mal d’énergie et de ressources. Je pense qu’il est important de dire quand ça ne va pas, évacuer permet aussi (et surtout) de ne pas garder ça pour soi, que ça devienne un véritable mal-Être et transforme l’expérience en cauchemar. Ne reste plus qu’à trouver le bon interlocuteur… d’autres expat ?
    J’espère que tout va bien à Amsterdam 🙂
    28 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Merci pour ton mot L. L’expat seule et sans job sur place, ça doit avoir son lot de complications en effet… Je suis bien d’accord avec toi, on n’imagine pas ou peu l’énergie et les ressources que l’expat exige au quotidien. À la fois ça fait partie du jeu, c’est ça qui en fait une aventure excitante, mais d’un autre côté lorsque ça va moins bien, c’est difficile de rester positive et optimiste (dans mon cas).
      Tu as raison, dire quand ça ne va pas, ça reste la clé pour être sûre de ne pas sombrer dans une déprime et vivre un quotidien qui n’a plus rien de plaisant. Mais parfois plus difficile à dire qu’à faire ! Et trouver la bonne personne, qui comprendra, c’est aussi compliqué surtout quand on vient d’arriver dans un nouveau pays. Mais les cercles d’expat c’est top pour ça, encore faut-il avoir la proximité nécessaire pour aborder ce type de sujet…
      Écrire m’aide beaucoup personnellement, j’hésitais énormément avant de publier ce billet car ce n’est pas très joyeux, pas très positif. Mais au final je suis vraiment surprise de voir que je ne suis pas seule et que ça « parle » à d’autres. Qu’on peut échanger sur ce sujet aussi.
      Tout va bien à Amsterdam, merci 🙂 J’espère que tout va bien aussi à Vienne 🙂
      xx
      05 . 03 . 2017
  6. Marion
    Je chercher actuellement du travail a l etranger donc je me sens concernee par ce billet. En effet aspects positifs et negatifs mais je pense que c est surtout une tres grande aventure humaine. Et si on en a envie, il faut le faire 🙂
    27 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Je suis d’accord avec toi : au final, tout est une question d’envie 🙂
      J’aime ce terme, l’expat, cette grande aventure humaine… C’est tellement vrai !
      Bon courage dans tes recherches de boulot 🙂
      05 . 03 . 2017
  7. prettylittletruth
    C’est vrai qu’on parle peu des difficultes de l’expatriation. Je me suis expatriee il y a 6 ans maintenant et je reconnais que ce n’etait pas facile tous les jours 🙂
    27 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Ravie de savoir que je ne suis pas la seule à le penser ! J’espère qu’au bout de 6 ans, les difficultés d’expat s’amoindrissent 🙂
      05 . 03 . 2017
  8. Élodie
    Ton article m’a tellement fait du bien à lire ! On voit trop souvent le côté idyllique de l’expatriation dans les blogs, mais il y a des tas d’à côté que les gens ne voient pas, ni ne comprennent.

    Pour moi, le plus difficile a été d’avoir cette sensation de n’être ni d’ici ni d’ailleurs : les allemands me considèrent éternellement comme française quand les français ne me considèrent plus forcément des leurs. Mon quotidien est un mix des deux cultures, j’ai cherché pendant longtemps à rentrer dans un des deux moules avant de comprendre que je devais en fabriquer un sur mesure, mon moule à moi !

    Je pense que ça s’apprend, et que ça devient plus facile à gérer avec le temps. Et on en ressort tellement grandit, on apprend tellement ! J’espère que c’est aussi l’impression qui ressort de ton expatriation. Si tu veux en parler plus longuement, tu sais où me trouver 😉

    27 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Oh merci pour ton petit mot <3
      C'est exactement ça, cette sensation d'entre-deux... J'espère que tu as raison, et que c'est plus facile à gérer avec le temps.
      Mon expat me fait me poser énormément de questions, j'adore ça. Mais parfois c'est moins plaisant, tous ces doutes et ces incertitudes à gérer... Mais en apprendre chaque jour un petit peu plus sur soi-même, c'est vraiment top ! Et finalement peu importe les coups de blues, du moment que j'arrive à les canaliser... C'est surtout ça le challenge !
      J'en parlerai plus longuement avec plaisir 🙂
      05 . 03 . 2017
  9. Ophélie G.
    Je suis bien d’accord avec toi, c’est un sujet dont on ne parle malheureusement pas assez aujourd’hui. En tout cas, j’espère que tu vas bien ! xx
    27 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      J’espère que ça va changer aussi ! Tout va bien, je relativise beaucoup, ça aide 🙂
      Merci pour ton petit mot !
      xx
      05 . 03 . 2017
  10. Tara B.
    Ne t’inquiètes pas, tu n’es pas seule à ressentir ça, loin de là, et je crois que la plupart des blogs d’expat aujourd’hui disent clairement que derrière le fantasme de « vacances au soleil » la vie d’expat présente aussi son lot de difficultés et de moments de blues. L’éloignement, le manque d’amis solides, la superficialité des relations parfois, la solitude, la remise en question permanente de tout, l’énergie mise dans la plus petite des choses sont des choses qui fatiguent, qui pompent. L’expat permet de super moments, mais ce n’est pas un « privilège », c’est aussi quelque chose qui se paye d’un revers de la médaille que ceux restés au pays ne voient pas…
    Courage, des moments de blues on en a tous, et ils passent, toujours.
    27 . 02 . 2017
    • Em
      Em
      Merci beaucoup Tara pour ton commentaire. Ça me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à avoir ces moments de blues. Tu poses des mots très justes sur ce pseudo « privilège » de l’expat, merci 🙂
      05 . 03 . 2017

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